Nos Aubes.

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Crédits image : Aube en forêt- peinture de serge boisse (2013)

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Voilà un nouveau poème. Il est assez ancien, fait au lycée probablement en première, si je me souvient bien. On étudiait Aube, de Rimbaud. J’ai beaucoup aimé ce poème et j’ai eu envie de faire ma version à moi. La voici. 

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Mon aube
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Les ombres encore dominaient,
mais le soleil, déjà, pointait son nez.
doucement il illumina le monde,
faisant scintiller la rosée du matin,
qui brillait dans la forêt profonde.
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Même les pierres jonchant le chemin,
s’illuminaient de couleurs précieuses.
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Au bois je m’élançais, fougueuse,
m’élevant au dessus de la cime argentée.
Je m’envolais vers les sommets enneigés,
chatouillant du bout des doigts,
les fleurs aux lumières chatoyantes.
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Là-bas, un oiseau chante,
et réveille la forêt de sa voix.
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Mon jeune ami, viens, suis-moi,
tout deux nous irons là-bas.
Là où le monde commence,
et là ou la nuit tire sa révérence,
là ou la joie est immense.
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Aimons le bruit de l’eau, l’odeur des plantes,
c’est l’amour de la nature qui nous enfante.

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Et bien sur, je met juste ici l’original de ce cher Rimbaud. 

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Aube

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J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall* blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

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Arthur Rimbaud, Illuminations

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*wasserfall = Cascade. 

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Alors dites-moi, lequel est le plus joli ? Hum ? Haha c’te question piège ! Si l’envie vous en dit, en revanche, vous pouvez faire vous aussi votre Aube. 

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2 réflexions sur “Nos Aubes.

  1. Très honnêtement… je préfère ta version. C’est vraiment bien tourné, les métaphores/comparaisons/autres sont magnifiques et c’est agréable à lire. Pour une fois que je préfère un poème par rapport à un texte en prose xD

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