Amélie Nothomb : Le crime du comte Neville.

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Edition Albin Michel. Sortie en 2015. 144 pages.

« Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne. »

Quatrième de couverture très courte s’il en est, une habitude des romans de cet auteur qui figure parmi mes favoris depuis bien longtemps. Dans cet article je vais non seulement vous faire une critique du livre (aussi bien que je le pourrais) mais aussi vous parler de ma relation presque amoureuse avec Amélie Nothomb (en sens figuré bien sûr).

La critique : 

Mais commençons par le livre du jour. Comme tous ceux de sa plume, je l’ai dévoré en à peine… disons 2 heures maximum. (un jour, je chronométrerai, mais c’est très rapide) J’avais entendu certains journalistes, je ne sais plus qui, dire que dans ce roman on « retrouvait » Amélie Nothomb et je n’ai compris ce qu’il voulait dire qu’en le lisant. J’aurai donc bien du mal à vous l’expliquer mieux que cela. En tout cas, j’approuve.

Voici plutôt quelques revues de presses qui vous en diront plus (et mieux) :

« Perversité raffinée, art éprouvé du dialogue… un joli clin d’œil à Oscar Wilde, qui réconcilie ces deux sœurs ennemies que sont tragédie et comédie. » –Lire

« En quelques pages, Amélie Nothomb nous tient. C’est là son grand talent. » –Le Matin Dimanche (Suisse)

« On retrouve les ingrédients qui font les meilleurs Nothomb : situations ubuesques, dialogues dignes d’un ping-pong plein d’esprit, le conte mené tambour battant… Léger et profond, Le Crime du comte Neville se révèle psychologiquement fort. » –Le Figaro littéraire

L’histoire se passe dans la haute société Belge avec le châtelain et comte Neville ainsi que sa femme et ses trois enfants. Parmi eux il y a surtout la petite dernière qui lui pose quelques soucis. Et une voyante à qui il n’avait pourtant rien demandé. Dit comme ça, ça peut paraître un peu banal mais c’est sans compter sur le génie et la folie de l’auteur. Si vous la connaissez, vous comprenez certainement de quoi je veux parler 😉
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Tout le long de ma lecture je n’ai cessé d’avoir envie de baffer chacun des personnages ou de les secouer en hurlant « mais réveilles-toi bordel, tu racontes n’importe quoi ! » et pourtant j’ai eu pitié d’eux et je me suis accrochée à leur histoire. Amélie arrive à rendre n’importe quelle dinguerie parfaitement logique, ou tout du moins à le faire croire à ses héros. J’adore ça. J’ai toujours aimé son côté délirant. (d’ailleurs j’ai écouté il y a peu une émission ou elle apparaissait, je ne sais plus exactement laquelle, mais je me suis régalée. Son humour, son esprit vif, sa répartie, sa philosophie… bref, tout était fabuleux). Je ne peux que vous conseiller cette lecture (et toutes les œuvres signées Nothomb) même si je pense qu’il faut avoir un esprit un peu tordu pour l’apprécier pleinement.

Amélie et moi : 

Cette histoire commence au collège, en 3ème. En classe de français nous étudiions La métaphysique des tubes de cette chère Amélie Nothomb, donc. Dans le cadre de cette étude, nous devions faire un exposé sur l’auteur. Je me retrouve moi, oui moi, car j’avais été la seule à comprendre et apprécier ma lecture (un peu chelou pour des jeunes de 3ème), à la contacter. Je lui envoie donc une lettre où je lui parle de mon exposé et de je ne sais plus quoi. Et elle m’a répondu (elle répond toujours dans la mesure du possible) ! Déjà rien que ça, j’étais folle de joie.

Ensuite, souvenirs très vagues de la chronologie, elle m’a téléphoné grâce au numéro que je lui avais laissé dans la lettre (ou à fait téléphoner une secrétaire ou que sais-je), mais comme j’étais en Perm, je n’ai pas pu répondre (et puis le numéro était masqué, je pouvais pas savoir). Dès l’absence du surveillant, j’écoute en douce le message qu’on m’a laissé. Je n’en reviens pas. Très vite toute la salle est au courant, ça papote de partout. Quand le surveillant est au courant on lui explique qui c’était et pouf mon téléphone disparaît. Pas confisqué non, juste que le message va être écouté par tous les surveillants etc… J’ai eu mon petit jour de succès. En gros le message disait qu’elle m’invitait à une dédicace ayant lieu à Nancy parce que c’était en Lorraine donc pas trop loin. Le soucis c’est que ma prof étant malade pendant des semaines, je n’ai rien pu organiser avec la classe. Et comme il neigeait comme pas possible chez moi le jour de la dédicace, mes parents ne m’y ont pas emmené. Je lui écris donc une lettre pour lui expliquer mon désarrois.

Quelques temps plus tard, je reçois un nouvel appel. Enfin, un nouveau message sur le répondeur (décidément, j’ai pas de bol ! je captais pas du tout là où j’étais) disant que cette fois elle serait à Metz avec un livre portant mon nom dans le titre : Ni d’Eve ni D’Adam. Et cette fois, sans compter sur ma prof toujours absente, j’y vais avec mes parents. La file d’attente fut longue, très longue… trop longue. L’organisation a du dire stop à un moment donné pour que la séance s’arrête un jour, sinon elle en avait pour la nuit. Heureusement j’étais dans la partie de la file située avant la coupure et j’ai pu la voir. J’ai d’ailleurs lu la moitié de son livre en attendant de la voir. Je vous mets une petite photo de la dédicace. elle se souvenait de moi et nous avons brièvement pu parler de nos échanges et de ce qui va suivre la photo.

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C’est elle et son travail, sa vie, ce que j’ai appris sur son métier, qui m’ont donné envie de devenir écrivain. Je me rappelle m’être dis, « Je veux faire comme elle. » même si nous n’avons pas le même style d’écriture et d’histoire. Je voulais faire son métier. J’ai commencé à l’époque à écrire plus sérieusement, j’avais un but en plus de raconter une histoire, c’était de faire un livre, un vrai. Bon, ce n’est toujours pas arrivé mais il y a tant d’autres choses qui ont peuplé ma vie. Ce n’est pas si simple.

Cela fait maintenant neuf ans que je travaille, re-travaille, re-re-travaille le roman commencé à cette époque. Oh bien sûr, depuis, il a bien changé et heureusement, je n’ai plus 14 ans. J’espère qu’un jour je pourrai le finir, en être fière et le montrer à tout le monde. Même si ce projet arrive parfois à me gonfler, il est celui qui me tient le plus à cœur. il représente plus que mon premier roman, il est le jour où j’ai trouvé ma voie, ma place dans le monde. Et je ne suis pas prête de lâcher l’affaire 😉

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Trois de mes personnages dessinés gentiment par Alwine à partir de descriptions rapides par mails 🙂
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7 réflexions sur “Amélie Nothomb : Le crime du comte Neville.

  1. C’est beau. Je trouve ça super lorsque les auteurs arrivent à donner envie à quelqu’un de néophyte l’envie de se lancer dans quelque chose. Ca m’est arrivé pour le design, dont une amie en a fait son métier x)
    Ta critique est vraiment pas mal de cette manière, ça donne envie de lire ! Je ne connais pas du tout cette auteure, aurais-tu un (ou des) livre(s) à me conseiller pour commencer ? Ou n’importe lequel fait l’affaire ?
    Comment ça, tu as mis mon dessin ? *meurt de honte* J’ai encore beaucoup de travail pour faire quelque chose de joli ^^ »

    Aimé par 1 personne

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