Noël : Le grand métissage.

Ou

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Noël sans jamais oser le demander.

(Ou pour être plus honnête : Tout ce que vous n’avez jamais cherché à savoir sur Noël mais qu’il est bon de savoir quand-même.)

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Parce que trois titres, c’est déjà beaucoup trop, passons aux choses sérieuses ! (enfin, façon de parler)

Noël et les fêtes de fin d’années arrivent à grands pas, mais savez-vous quels sont les origines de cette fête aujourd’hui largement considérée comme commerciale ? C’est ce que vous allez voir aujourd’hui avec moi. Attention ! Le bon vieux Noël bien français va en prendre un coup, et les clichés par la même occasion.

Noël, ça vient d’où ?

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De ton c… euh pardon. A vrai dire, c’est compliqué. Noël a des origines multiples. Tout d’abord, arrêtons-nous dans l’Empire… Romain (range ton casque Dark Vador !). Avant la christianisation de l’occident, l’Empereur Aurélien fixe la date du 25 décembre pour la fête de Dies Natalis Solis Invicti qui correspond au jour de naissance de Sol Invictus, le « soleil invaincu ». C’est aussi le lendemain de la fin des Saturnales et le jour de naissance de la divinité solaire Mithra. Comme je sens que je vous perds déjà, je vais vous donner quelques détails.

Wikipédia nous dit que Sol Invictus est une divinité solaire apparue dans l’Empire romain au IIIe siècle. Elle reprend des aspects de la mythologie d’Apollon et du culte de Mithra, connaissant une grande popularité dans l’armée romaine. A savoir que Mithra est originellement un dieu indo-iranien. Je n’irais pas plus loin, parce que ça ne sert à rien, hein. (Enfin pas pour ce sujet quoi)

Ensuite, les Saturnales sont des fêtes se déroulant durant la période proche du solstice d’hiver (du 17 au 24 décembre) qui célèbrent le dieu Saturne (coucou Alice) et sont accompagnées de grandes réjouissances populaires. Durant cette période, les barrières sociales disparaissaient, on organisait des repas, on échangeait des cadeaux, on offrait des figurines aux enfants et on plaçait des plantes vertes dans les maisons, notamment du houx, du gui et du lierre. Vous remarquerez quelques ressemblances avec notre cher Noël moderne, n’est-ce pas ?

Noël a donc une origine païenne en premier. Après cela, le christianisme à tout envahi, notamment l’Empire Romain. L’empereur Constantin se convertit, plus tard Théodose Ier interdit les cultes non-chrétiens. Le Noël chrétien a alors intégré de nombreux éléments païens issus des Saturnales, comme nous l’avons vu.

C’est donc à partir de là que nous fêtons la fameuse « naissance de Jésus » qui n’a en réalité pas du tout eu lieu ni à cette époque de l’année, ni même en l’an zéro. La date a été choisie subjectivement, pour créer un contrepoids à la fête païenne qui avait beaucoup de succès. La nativité devait remplacer les anciennes croyances, alors on l’a placé par-dessus le reste, pour le masquer. Vous voyez ? (En fait, les faits énoncés dans la bible, comme les troupeaux dehors, tendent à montrer que Jésus ne pourrait pas être né en hiver, de plus l’idée dominante chez les historiens date sa naissance vers l’an 8 ou après. Il faut dire qu’entre les contradictions des apôtres à ce sujet et les merdouilles du changement entre calendrier Grégorien et Julien, c’est un peu le bordel, vous en conviendrez).

Ah et puis info Bonus : Jésus était Juif. Si ça vous surprend, remettez-vous en question. (Quoi, faut que je vous fasse un cours sur la Bible aussi ?)

Après moult péripéties que je ne détaillerais pas, nous voilà donc revenu à notre époque. Bien. Du coup on en est où ? Mais oui ! Le Père Noël !

Le Père Noël a été inventé par Coca Cola…

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NON ! Non, non, non et non ! Ne dites plus jamais ça. C’est une connerie sans nom. C’est un raccourci si gros que s’en est faux. Et pour ceux qui se redresse fièrement parce qu’ils « savaient » qu’en fait la marque lui a seulement donné son design actuel et sa couleur rouge emblème du soda le plus connu du monde, faites pas trop les malins, parce là encore, vous vous plantez dans votre certitude. Voilà. Que ça fait du bien. On va pouvoir passer aux explications.

En Lorraine (et aussi dans tout le Grand Est, chez les Hauts-de-France et en Bourgogne-Franche-Comté) on connaît bien Saint-Nicolas, puisqu’on le fête encore. Mais je sais que ce n’est pas le cas partout alors je vais vous en dire plus. La Saint-Nicolas est une fête mettant en scène Nicolas de Myre. C’est un mec qui a sauvé beaucoup de gens, il parait. Toujours est-il qu’il est connu dans la culture populaire pour La légende des enfants du saloir.

La légende raconte que trois enfants égarés ont frappé à la porte d’un boucher qui les tua, les coupa en petits morceaux et les mit dans un grand baquet empli de sel. (pas sympa le gars) Plus tard, Saint Nicolas chevauchant son âne frappa à son tour à la porte du boucher. Il prit au piège le boucher. Saint Nicolas étendit trois doigts au-dessus du tonneau de petit salé, et ressuscita les trois enfants. Le boucher devint le père Fouettard, le méchant chargé de réprimander les enfants désobéissants et les cancres. Il est vêtu de noir et caché sous une cagoule et une épaisse barbe noire. Tout l’opposé de Saint Nicolas, en somme. Cette légende n’est qu’un des très nombreux miracles attribués à Nicolas de Myre, évêque vers 300 après J.C. Maintenant, vous savez.

Saint Nicolas ou Sankt Nikolaus en allemand. Je sens que vous me voyez venir. En Hollandais on dit Sint Niclaes ou Sinterclaes  et c’est devenu, à la Nouvelle-Amsterdam, c’est à dire New-York aujourd’hui : « Santa Claus ». Oui, oui. Le père Noël ! Bon, en vrai, c’est plus complexe que ça, mais là, ça va devenir très long et très chiant. Je pense que c’est déjà bien assez détaillé.

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Après cela, venons-en à cette fichue histoire de vêtements. Tout d’abord, est, par son apparence, en partie inspiré de Julenisse (ou Nisse ou Tomte), un lutin nordique qui apporte des cadeaux, lors de la fête du milieu de l’hiver appelée la Midtvintersblot. Et non, ce n’est pas un meuble IKEA® (Ouais c’est toujours aussi simple le folklore skandinave…). Il ne vit pas au Pôle Nord, mais plutôt dans une forêt environnante, ou pour les Danois, il habite au Groenland, et en Finlande, il habite en Laponie. M’voyez ?

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On est déjà plus très loin de notre Père Noël si on le mixe avec Saint Nicolas, non ? Cependant, l’imagerie française par exemple le montre vers 1870-1890 en vieil homme habillé d’un manteau principalement vert et parfois bleu. Donc le rouge vient bien de Coca… NOOOON !!! Tu te calme ! Nan mais oh.

En 1821, le livre A New-year’s present, to the little ones from five to twelve (Un Cadeau pour le nouvel an aux petits de cinq à douze ans) est publié à New York.

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Oh mon Dieu ! Il est rouuuuuuuuge ! (Comment ça je suis sarcastique ?) La marque Coca-cola est créée en 1886. Elle ne peut donc pas en être à l’origine. Voilà. Après, il y a eu le poème A Visit from St. Nicholas le 23 décembre 1823 dans le journal Sentinel.

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Voici donc les rennes. Merveilleux. On y est presque, hein. (Vous remarquerez le retour de St. Nicholas ici) Il est présenté comme un lutin sympathique, dodu et souriant, qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traîneau volant tiré par huit rennes nommés respectivement : Fougueux (Dasher), Danseur (Dancer), Fringant (Prancer), Rusé (Vixen), Comète (Comet), Cupidon (Cupid), Tonnerre (Donder) et Éclair (Blitzen). Il manque Rudolf, le renne au nez rouge, parce que bon, c’est une autre histoire. Ce poème a joué un rôle très important dans l’élaboration du mythe actuel, reprenant les attributs de saint Nicolas (barbe blanche, vêtements rouges et hotte) mais troquant sa mitre, sa crosse et son âne pour un bonnet rouge, un sucre d’orge et un traîneau tout en se débarrassant du père Fouettard. Il est repris les années suivantes par plusieurs journaux britanniques et américains qui fixent la figure du père Noël que nous connaissons aujourd’hui. C’est vers 1850 que le passage de la célébration de la Saint-Nicolas à celle de Noël se fixe au Royaume-Uni, en lien avec Charles Dickens et ses « Livres de Noël » qui connaissent un gros succès.

On y est. Le père Noël est rouge et Blanc, les couleurs de Coca-cola. Alors forcément, ils en ont profité pour l’utiliser pour leur pub. Ce n’est pas con, me direz-vous. Ben non. La marque a simplement contribué à la popularisation du personnage, surtout en Europe après la Seconde Guerre mondiale avec le plan Marshall.

Info Bonus : En 1946, la chanson Petit Papa Noël est transmise sur les ondes françaises : à l’origine, elle a été créée en hommage aux enfants dont les pères sont absents du fait de la guerre.

Ne dites plus jamais que Coca-cola à inventé le Père Noël. JA-MAIS !

Dans tout ça, je n’ai pas vu passer de sapin. Il sort d’où celui-là ?

J’y viens, j’y viens bande de bourrins ! Ahlala…

Le sapin de Noël est une tradition païenne. Sous la reine Victoria : le prince Albert a introduit sur le sol britannique cette tradition provenant de sa Saxe (Allemagne) natale tandis qu’en France, elle sera diffusée par les optants Alsaciens et Lorrains. (Un optant est un Alsacien ou un Lorrain qui a choisi de quitter les territoires annexés par l’Allemagne en 1871 à la suite de la guerre franco-allemande de 1870 pour conserver la nationalité française.) La coutume du sapin de Noël moderne remonte à la Renaissance dans les pays germaniques. Le sapin et l’épicéa, conifères à feuilles persistantes, rappellent depuis longtemps le symbolisme de la renaissance lors du solstice d’hiver.

D’ailleurs, à l’origine, ce fameux sapin était décoré avec des fleurs et des fruits, notamment des pommes. En 1847 un souffleur de verre de Lauscha a eu l’idée, pour faire plaisir à ses enfants, d’imiter en verre les noisettes dorées que l’on avait coutume d’accrocher aux arbres pour Noël. Selon la tradition, onze ans plus tard, en 1858, une grande sécheresse priva les Vosges du Nord et la Moselle de pommes et de fruits en général, privant les sapins de Noël de ces décorations. Un artisan verrier de Meisenthal en Moselle (Ouais tout près de chez moi) fabriquera à son tour des boules en verre. (Et ils en font toujours, des boules de Noël en verre, et elles sont méga chère, nom d’un petit lutin !)

Voilà. On est au bout. Enfin. Il était temps hein ? J’vais vous laisser tranquille, vous avez appris beaucoup de trucs intéressant aujourd’hui. Sur ce, comme on dit à Hawaii : Mele Kalikimaka ! (Pourquoi en Hawaien ? Parce que j’adoooore cette chanson !!!)

PS : Si vous souhaitez plus de détails, sur des particularités de Noël comme la bûche, les chants etc… dites-le moi en commentaire et j’y songerai 😉

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2 réflexions sur “Noël : Le grand métissage.

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